ActuVersailles - Versay est un auteur compositeur originaire de Versailles. Il accorde à ActuVersailles une interview pour nous parler de sa musique électro-pop et de son univers. Son album
"Some say this a naive utopia" est signé avec un style très personnel : Versay sait créer des morceaux où basse, synthé, sons électroniques, percussions et la voix de Carole Salardaine
s'accordent ingénieusement bien.
Ce que j'aime chez Versay c'est son style musical assez épuré, harmonieux. Versay maitrise les différentes composantes de la musique éléctro-pop et donne un rythme unique à sa musique;
faisant varier l'intensité des sons, imprégnant ses chansons d'un certain suspense ayant le pouvoir d’accrocher d'emblée l'auditeur. Sa musique est entraînante, est à la fois posée et très
rythmée. Je trouve que Versay stimule notre imagination à travers ses compositions et nous offre de très belles sensations.
Versay pour moi, est une fort belle découverte. Je vous invite sans plus tarder à découvrir cet artiste dans l’entretien suivant qu’il a accordé à mon blog.
Merci Versay.
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ActuVersailles - Quel est ton parcours musical ?
Versay - J'ai commencé la musique à l'âge de 18 ans. Presque par hasard, à vrai dire.
A ce moment, je préparais des concours au Lycée Hoche de Versailles. Je bossais pas mal, et je souhaitais développer une nouvelle activité afin de me changer les idées pendant mes révisions. J'ai
alors eu l'idée de la musique.
En 1995, je me suis acheté une guitare sèche. Mon ami Julien – qui sera d'ailleurs plus tard le guitariste du groupe Vice & Versay – m'a alors aidé à découvrir l'instrument, les accords, les
arpèges, le solfège. Aujourd'hui encore, cette première guitare joue un rôle très important pour moi.
Ce que je trouvais incroyable, c'était de pouvoir créer des mélodies, exprimer quelque chose d'un peu magique, à travers un instrument.
Trois ans plus tard, la découverte du trip-hop, musique électronique inspirée du hip-hop, a été une vraie révélation pour moi. Révélation tellement forte que je me souviens encore de ce que j'ai
ressenti quand mon meilleur ami Willy m'a fait écouter pour la première fois Londinium d'Archive et Deep love de Mandalay !
Ces découvertes et ma passion naissante pour la création musicale m'ont encouragé à démarrer le piano. Instrument que j'ai alors tenté de le marier avec la guitare. Progressivement, je me suis
rendu compte que guitare et piano étaient très complémentaires. L'un plutôt rythmique, l'autre plutôt mélodique.
Quand je compose, d'ailleurs, les mélodies à la guitare sont toujours très différentes des mélodies au piano. Depuis que je me suis mis à la basse il y a cinq ans, j'ai encore trouvé de nouvelles
inspirations.
Je crois que le choix de l'instrument est vraiment au cœur de la création mélodique.
C'est vraiment à partir de 2003 que les choses ont accéléré. Cette année-là, j'ai commencé à concevoir mon studio de musique et à acquérir un matériel technique plus poussé : synthétiseurs,
ordinateur, micros statiques, enceintes de monitoring, outils de traitements de sons.
Influencé par des artistes modernes comme Pink Floyd ou Air, des compositeurs classiques comme Stravinski, j'ai alors entamé un long travail de recherche musicale.
Au fur et à mesure des rencontres et des expériences, j'ai réussi à construire, je crois, un univers musical et de liberté d'expression qui m'est propre.
La rencontre avec Carole Salardaine, interprète de mon premier album, la construction du groupe Vice & Versay en 2004 et les premières scènes parisiennes, ont été déterminantes pour cette
recherche artistique.
Ces expériences, réussites ou échecs, la découverte un peu artisanale et autodidacte de la musique, permettent de comprendre ma manière de créer et le sens que je souhaite mettre dans les
arts.
ActuVersailles - Où trouves-tu ton inspiration ? Y a-t-il des faits marquants dans ta vie ou dans le monde qui nous entoure que tu aimes traiter dans tes
chansons ? Quel est l'univers que tu veux partager ?
Versay - En fait, les inspirations, les idées, ne s'expliquent pas. Elles viennent comme cela, en fonction du vécu, des rencontres, des hasards. Les idées sont comme les pommes de Newton.
Elles tombent sans prévenir !
Personnellement, je m'intéresse à pas mal de sujets, économiques, historiques ou scientifiques. J'aime bien discuter avec les gens, voyager. Tout cela est source de beaucoup d'inspirations.
L'année dernière, pendant mon voyage a Barcelone, j'avais été vraiment fasciné par la beauté de la ville, par l'inspiration moderniste de son architecte Gaudi. Ce voyage m'a marqué : il a inspiré
la composition d'un morceau électro-pop assez enjoué et qui s'intitule « Gaudi ».
Dans l'album « Some say this is a naive utopia », je montre que les idéaux, les utopies, ne sont pas des rêves inaccessibles, mais qu'ils sont justement ce qui donne un sens à l'avenir. Le
morceau rock « The old man » c'est aussi un souhait de résistance contre le passéisme. "
ActuVersailles - Quel est le plus beau moment que tu as vécu avec ton groupe ?
Versay - Il y en a beaucoup. Mais je crois que notre concert au festival Fallenfest en 2006 était vraiment fort. Avec Julien, Manu, Greg, Paul et Carole, nous avons joué devant pas mal de monde,
et ce, dans de très bonnes conditions. Un morceau live de ce concert est justement disponible sur l'album.
ActuVersailles - Comment décrirais-tu ta musique ?
Mi-pop, mi-électronique. Comme dans la vie, je pense que la musique est un mélange de racines et de modernité.
Les racines, ce sont les instruments classiques, particulièrement les cordes et les cuivres. Cela donne une gravité, une force fondamentale aux morceaux. La modernité, ce sont les sonorités
électroniques, les guitares. Ce qui nous tourne vers un avenir positif.
J'aime faire jouer les contrastes, les lumières, faire en sorte que les morceaux fassent ressortir une vraie couleur sonore. Une identité Versay.
Carole Salardaine a vraiment donné tout son talent vocal à cet album pour qu'il soit riche en émotions. Je la remercie profondément.
ActuVersailles - Quel est le plus grand défi que tu as du traiter ?
Versay - Je ne sais pas si l'on peut parler de « défi » à proprement parler. Mais, le fait de passer d'une idée de mélodie qui vous vient comme ça au détour d'une conversation, à la réalisation
d'un morceau abouti, structuré et arrangé, c'est une vraie aventure artistique.
Cela prend du temps. Souvent plusieurs années. Sur cet album, « Poor but free » est un morceau qui a été composé en 2004, mais dont l'arrangement a été achevé en 2007.
La création, c'est une aventure.
Une aventure personnelle par ce que l'on y apprend.
Et collective par les personnes qui y sont impliquées.
ActuVersailles - Quels sont tes futurs projets ?
Versay - J'ai quelques idées de morceaux dans le coin de la tête. Mais, je pense sincèrement que le prochain projet sera théâtral.
En 2004, j'ai écrit la pièce « Céline et Solange ». Cette pièce a été jouée à Paris, en 2006, avec la Compagnie du Lézard à Colerette. Un beau moment !
Cet été, je suis parti en vacances en Italie, sur la côte amalfitaine. L'histoire de Naples, les racines gréco-romaines et l'actualité ont inspiré l'idée d'une nouvelle pièce.
Aujourd'hui, le storyboard est prêt. Il ne reste plus qu'à l'écrire !
Si c'est une bonne pièce, j'aimerais bien qu'elle soit jouée à Versailles dans deux ou trois ans."