Versailles: "Des dizaines d'hectares
vont être disponibles" écrit par Hervé GUENOT pour le JDD.fr
Le ministère de la Défense va annoncer ce mois-ci ce qu'il compte faire des terrains militaires de Versailles. Décision
attendue par le nouveau maire (DVD) François de Mazières, président de la Cité de l'architecture et du patrimoine de Paris, qui espère pouvoir racheter des terrains. Car sans eux, sa marge de
manoeuvre est étroite: La ville est classée aux deux tiers.
Est-ce l'ouverture d'une nouvelle ère pour "la belle endormie"?
Plusieurs dizaines d'hectares de terrains militaires vont être disponibles: une occasion exceptionnelle! Il est possible de se projeter dans le
moyen terme. La ville royale est à la croisée des chemins en termes d'architecture et d'urbanisme. Versailles veut être exemplaire en matière de développement durable. La ville en possède tous
les atouts. Son environnement naturel est exceptionnel, notamment le parc du château, et l'arboretum (200 hectares) à la sortie de la ville. Notre cité dispose aussi d'une culture du jardin au
sens paysager depuis Le Nôtre. Il faut donc faire de Versailles une "ville jardin".
Un exemple?
Le site des Etablissements Pion, 22 hectares à la sortie de la ville sur la route de Saint-Cyr. Il s'agit là de construire un éco-quartier. Nos
pistes de réflexion: articuler sur un même lieu l'activité économique et les logements pour éviter les migrations quotidiennes au temps du pétrole cher.
Vous demandez une modification du projet de la gare des Chantiers?
Je demande qu'on maintienne le calendrier pour la création du pôle multimodal (gare et autobus) mais qu'on reprenne le projet architectural pour
répondre à notre ambition de développement durable. Versailles-Chantiers est situé derrière les Etangs Gobert: un bel espace naturel. Il y a là une cohérence à créer. Le programme prévoit 17 ,000
m² de bureaux, 20 000 m² de commerces, des logements, un multiplexe de 12 salles de cinéma. Je veux qu'on renonce au multiplexe pour préserver le cinéma du centre-ville. J'ai demandé aussi aux
militaires de pouvoir récupérer une partie de la Caserne d'Artois datant du XVIIIe siècle (dont les façades sont classées), à côté de la Gare des Chantiers. Cette partie sera dédiée à de
l'activité économique: un cadre exceptionnel.
Sur les terrains de Satory (60 hectares au total), y aura-t-il aussi des entreprises?
L'architecte Michel Macary est chargé d'un projet sur 11 hectares. C'est une série d'immeubles de bureaux assez bas, environnés d'un système de
canaux. Je m'efforce par ailleurs de faire aboutir le pôle de compétitivité Movéo (nouveaux modes de déplacements), et de faire venir de Lyon, dès 2009, certains laboratoires de l'Institut
national de recherche sur les transports et leur sécurité (Inrets). Faire venir aussi, en 2010, l'Estaca, une école d'ingénieurs. Pour le reste des terrains, il faut une étude plus
précise.
Des chantiers à l'intérieur de la ville?
Sur l'avenue de Paris, derrière les Grandes Ecuries, sur le chemin de plusieurs millions de visiteurs du château sortant de la gare Versailles
Rive Gauche... On peut placer un édifice conçu par une grande signature. Ce bâtiment compterait des commerces pour les visiteurs. Autre chantier : l'hôpital Richaud, monument du XVIIIe siècle,
bien placé à trois minutes de la gare Versailles Rive Droite. Le conseil général des Yvelines veut s'y installer. Son président, Pierre Bédier, est déterminé à le réhabiliter. Mais il faut faire
vite. Quant à la place d'Armes, l'allée centrale qui mène au château, elle sera réhabilitée. Le château va par ailleurs rétablir la statue équestre de Louis XIV, avec l'appui de la
ville.
Le projet de circuit de formule 1 à Satory est-il mor?
J'ai construit mon programme de campagne contre ce circuit de F1, très polluant. On nous a opposé l'argument économique. Or les hôtels
versaillais sont pleins: les nuitées d'hôtels, de toute façon, ne se seraient pas faites dans la ville. Dès mon arrivée, j'ai écrit aux instances de la F1 pour dire que nous refusions le
projet.